Les moisissures de A à Z

Qu’est-ce que la moisissure?

Les moisissures sont des organismes de taille microscopique de 1 à 60μm. Elles sont omniprésentes partout et sont responsables de la dégradation des matières organiques sur terre. Par contre, il est suspect de retrouver plus de moisissures dans un bâtiment qu’à l’extérieur. Il est aussi anormal et inacceptable de retrouver certains genres de moisissures dans un environnement intérieur, vue leur potentiel élevé d’affecter la santé des occupants. Les moisissures non désirables se développent en présence de trois facteurs variables : température (>5°C), humidité importante et en présence de nourritures. Dans un bâtiment, cette nourriture devient le carton, le papier de gypse, les surfaces poussiéreuses, etc. Leur mode de reproduction aéroportée est possible grâce à leurs graines, appelés spores. Plusieurs de ces spores peuvent demeurer viables pendant plusieurs années et peuvent être en partie responsables des problèmes de santé des occupants. Vue leur très petite taille, ces spores de moisissures peuvent voyager à travers les ouvertures des murs et occuper l’espace habitable d’une maison. Tout dépendant de l’espèce, leurs spores (graines) et leurs mycéliums (racines) peuvent déclencher des réactions allergiques. D’autres espèces pourront générer des mycotoxines pathogènes ou toxygènes pour l’homme. Enfin, les moisissures génèrent des composés organiques volatils responsables des odeurs désagréables souvent perçues.

Quels sont les effets de la moisissure sur la santé?

Les moisissures affectent le fonctionnement du corps humains. Chaque espèce a la capacité ou non d’affecter un organe en particulier et de créer une réaction immunitaire importante : poumons, peau, système nerveux central, etc. Les effets observés sont variés : irritation des yeux ou de la gorge, crachat, congestion chronique, difficultés de concentration, maux de tête, perte de mémoire, somnolence, fatigue, exacerbation de l’asthme, respiration sifflante chronique, réaction allergique, rhinites, bronchites chroniques, bronchite d’hypersensibilité, rhinites et dermatites. Les répercussions sur la santé peuvent être mineures ou majeures et peuvent devenir chroniques selon la sensibilité de l’individu.

Quelles personnes sont susceptibles d’être affectées par la moisissure?

Toute personne peut subir des effets indésirables mineurs ou majeurs en présence de moisissures. Plusieurs facteurs aggravent la réponse immunitaire, tels : l’individu lui-même, la durée d’exposition, l’espèce de moisissure en question et la concentration présente. Une personne qui n’a jamais eu de symptôme par le passé peut, du jour au lendemain, développer une réaction immunitaire. Plusieurs catégories de personnes telles : les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées, les personnes immunodéprimées, les personnes allergiques ou les gens ayant subi une chirurgie sont sensibles à ce contaminant et ne devraient pas demeurer en lieu de contamination fongique. Il est à noter que les enfants de moins de deux ans n’ont pas les poumons totalement formés et sont à risque de développer un asthme de façon chronique. Bien sûr, les travailleurs qui exécutent des travaux de décontamination fongique courent un grand risque s’ils ne sont pas protégés par des équipements de protection individuels adéquats. Certains pourraient même souffrir de grippe musculaire intense et handicapante.

Dois-je consulter un médecin?

Il est possible que vous développiez des symptômes à la suite d’une exposition à la moisissure. Si vous ne vous sentez pas bien, vous pouvez consulter un médecin généraliste qui pourra vous prescrire une évaluation auprès d’un pneumologue ou d’un allergologiste. Seul le médecin est habileté à faire un diagnostic de cause à effet.

Pourquoi la moisissure se développe dans votre logement?

La moisissure se développe en présence d’humidité et de matériaux organiques qui peuvent être décomposés. Ces matériaux peuvent être le papier des panneaux de gypse, le bois, le carton, les tissus, les panneaux d’agglomérés ou tout matériau organique. Cependant, la moisissure peut aussi croître sur toutes les surfaces possibles s’il y a suffisamment de poussière sur celles-ci. Donc, pour éviter que la moisissure ne se développe dans votre logement, contrôlez l’humidité relative et évitez les infiltrations d’eau et les dégâts d’eau.

Comment limiter la formation d’humidité et de moisissures?

Un occupant génère, par ses activités quotidiennes, jusqu’à sept litres de vapeur dans l’air d’un logement. Pendant la période de chauffage, jusqu’à 10 000 litres d’humidité peuvent être emprisonnés dans le bâtiment. En quantité suffisante, cette humidité favorisera la croissance et l’apparition de moisissures sur les surfaces. Lors de journées chaudes ou humides, il est recommandé de fermer les fenêtres du sous-sol. Il est aussi conseillé d’éviter de faire sécher du linge dans la maison et d’encombrer les aires de rangement. Il faut aussi faire fonctionner les extracteurs de salle de bain pendant et après la douche; faire fonctionner la hotte de cuisine pendant la cuisson; ventiler et chauffer convenablement les pièces; dégager les meubles de 5mm (2po) des murs; cesser l’emploi d’humidificateur; raccorder le conduit de sécheuse vers l’extérieur; isoler les plafonds et les murs convenablement, ainsi que les conduites d’eau froide; ventiler adéquatement le vide sous-toit. En cas de dégât d’eau, il faut assécher les zones ciblées en moins de 48 heures pour éviter toute croissance de moisissures.

Comment contrôler l’humidité?

Tout d’abord, la meilleure façon d’éviter la formation d’humidité est d’arrêter toute infiltration d’eau et la création d’humidité dans le bâtiment. Par la suite, vous renseigner sur le pourcentage d’humidité relative dans votre logement est la première étape pour contrôler l’humidité excessive. L’outil mesurant l’humidité relative s’appelle hygromètre et il est possible d’en acheter un dans une quincaillerie pour environ 35$. Le taux d’humidité relative acceptable dépend de la saison. Lorsqu’il fait froid et que les murs de votre logement son froids, la vapeur d’eau contenue dans l’air risque de se condenser sur ces surfaces froides qui ont atteint un point de rosée (condensation). Pour cette raison, l’hiver, le niveau d’humidité relative visé devrait être aux alentour de 35%. En toute autre saison, le niveau d’humidité visé devrait être d’environ 50% pour éviter la condensation et la croissance de moisissure sur les murs et les surfaces intérieurs. Il existe plusieurs façons de retirer l’humidité de votre logement. Le déshumidificateur est la plus efficace. Cette machine condense la vapeur contenue dans l’air sur un serpentin plus froid et draine cette eau dans un bac de récupération qu’il faut fréquemment vider. Dans le meilleur des cas, sa sortie d’eau devrait aller directement dans l’évier de la buanderie ou dans un drain. L’emplacement le plus adéquat pour cet appareil s’avère l’endroit où il y a formation d’humidité tel qu’un sous-sol ou une salle de lavage. Choisissez votre déshumidificateur en fonction de sa capacité, soit le volume des pièces à traiter et de son efficacité énergétique. Le ventilateur est aussi une option, mais elle est moins efficace. Le ventilateur sera mis en marche si l’humidité relative extérieure est faible. Bien évidemment, en période humide, ce système ne sera d’aucun secours.

D’où provient l’humidité qui favorise la moisissure?

Un bâtiment bien entretenu est moins susceptible de subir des infiltrations d’eau. En effet, l’eau peut s’infiltrer par plusieurs endroits. Les calfeutrants extérieurs abîmés des portes, des fenêtres et des luminaires sont des voies communes pour les infiltrations d’eau. Les joints de mortier endommagés de la brique ou les fissures présentes dans la maçonnerie peuvent causer de l’efflorescence et favoriser le développement de moisissures dans les mus du bâtiment. Les fissures dans la fondation risqueront tôt ou tard de laisser pénétrer l’eau dans votre sous-sol et d’y causer des dégâts aux conséquences dispendieuses. Le terrain au pourtour du bâtiment doit irriguer l’eau loin de la fondation. Il en est de même pour les gouttières. Votre drain français au pourtour de votre fondation doit-être en bon état pour drainer l’eau loin du bâtiment. D’ailleurs après 30 ans, on devrait faire vérifier cette composante à l’aide d’une inspection par caméra ou même avant, si l’on observe de l’efflorescence sur la dalle du sous-sol. La toiture doit toujours être en bon état pour réaliser sa fonction de barrière physique.

Comment se débarrasser de la moisissure?

Premièrement, il faut abaisser le niveau d’humidité relative à un niveau acceptable selon la saison pour éviter que la moisissure ne réapparaisse. De plus, il faut remédier à toute infiltration d’eau dans l’enveloppe du bâtiment. Un investigateur en qualité de l’air intérieur ou un spécialiste du bâtiment peuvent vous aider à trouver la source de l’infiltration. Si la surface est plus grande qu’un mètre carré ou que la moisissure provient de l’intérieur des murs ou que cela provient d’un dégât d’eau grise, nous vous prescrivons de faire réaliser les travaux de décontamination par un professionnel ayant reçu une formation spécifique référé sur le site de « The Clean Trust » (IICRC). Dans le cas d’une surface de moins d’un mètre carré vous pouvez procéder vous-même au nettoyage de la moisissure, à moins que vous ne soyez une personne à risque : les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées, les personnes immunodéprimées, les personnes allergiques ou les gens ayant subi une chirurgie. Avant de procéder aux nettoyages des moisissures, enfilez votre masque respiratoire P100, vos gants, vos lunettes et votre habit de type Tyvek no2. Ensuite, nettoyez délicatement les surfaces avec une solution savonneuse douce sans détremper, rincez avec de l’eau propre sans détremper et asséchez rapidement. Passez l’aspirateur (de type HEPA strictement si possible) sur les surfaces nettoyées à l’aide de l’embout propre. Recommencez ces quatre étapes. À la toute fin, passez l’aspirateur HEPA sur toutes les surfaces du logement ou l’aspirateur central avec sortie extérieur afin de ne pas répandre les spores dans l’air du logement et d’affecter la santé des occupants. Les tissus et tous les matériaux poreux supportant de la moisissure doivent être jetés. Pour toute autre information, consultez votre investigateur de la qualité de l’air intérieur.

Doit-on effectuer un test d'air?

Tout dépend du cas étudié et de l’objectif désiré. En général, la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) ne recommande pas d’effectuer des tests de qualité d’air. Cependant, dans certains cas, il est recommandé d’effectuer ce genre de test. Voici quelques cas : litige entre un locataire et un propriétaire; symptômes ressentis par l’occupant, malgré l’absence de moisissures observées; test d'air exigé après une décontamination et avant la réintégration des occupants; condition de préachat immobilier. Dans tous les cas, ces tests d'air devront être effectués par une personne dûment formée.

Qu’est ce qu’une investigation de la qualité de l’air QAI?

Une investigation est demandée afin de cerner les problèmes de qualité de l’air intérieur (QAI) et d’en déterminer les causes et solutions. L’investigation de la qualité de l’air intérieur n’est donc pas une inspection du bâtiment. Elle accordera autant d’importance aux contaminants biologiques, chimiques que physiques. Elle comprendra, finalement, un rapport écrit présentant une évaluation des problèmes, des causes et des mesures correctives proposées. Cette investigation pourra comprendre, à la demande du client, des tests de qualité d’air pour quantifier et qualifier les moisissures, les bactéries et les contaminants chimiques présents.

Existe-t-il une règlementation applicable à la moisissure?

Actuellement, il n’existe pas de loi définissant la valeur limite d’exposition dans une zone habitable au Québec, car il y a soit disant, beaucoup trop de variables possibles : la sensibilité de l’individu, la période d’exposition, l’espèce de moisissures et leurs effets synergiques. Pourtant, l’Alberta Health Service à définit des limites dans certains cas. Dans notre cas, il est suspect et anormal de retrouver plus de moisissures à l’intérieur qu’à l’extérieur et inacceptable de retrouver certains types de moisissures dans l’environnement intérieur. Santé Canada reconnaît que l’exposition aux moisissures intérieures favorisent : l’asthme, la respiration sifflante chronique, des symptômes d’irritation, des symptômes non spécifiques, des réactions de type inflammatoire et modifications histologiques ainsi que biochimiques. Ces pour toutes ces raisons que Santé Canada recommande depuis le 12 mars 2007, parue dans la Gazette: « De contrôler l’humidité dans les résidences et d’y réparer rapidement toute fuite ou infiltration d’eau afin de prévenir la croissance des moisissures. De nettoyer en profondeur toute moisissure croissant dans les immeubles résidentiels, qu’elle soit visible ou non ». Un employeur, quant à lui, à le devoir de fournir un environnement sécuritaire et un air de qualité à ses employés selon les exigences de la Loi sur la santé et la sécurité du travail et selon le Règlement sur la santé et la sécurité du travail. Puisque la moisissure est un contaminant aérosol, il est important de respecter l’un des protocoles de décontamination reconnus existant lors des travaux de nettoyage importants, soient: le ACC82 de l’Association Cannadienne de la Construction, le ANSI IICRC-S520 de l’Institute of Inspection Cleaning and Restoration Certification ou le Protocole de New-York.

Quel type de test d'air est approprié pour la moisissure?

Il existe une panoplie de test d'air possibles. Il n’y a pas de formule générale. Un plan d’échantillonnage doit être établi pour chaque situation précise. L’investigateur aura le choix d’utiliser les tests dit viables ou non viables. Il pourra échantillonner l’air directement ou la poussière d’une zone spécifique. Selon la situation, les moisissures comme les bactéries devraient être échantillonnées et analysées en laboratoire. Chaque technique a ses avantages et ses inconvénients. C’est pour cette raison qu’il est parfois préférable de combiner plusieurs méthodes. Contactez votre investigateur de la qualité de l’air pour plus d’informations. La réception de résultat de ces tests varie, selon la technique utilisée, entre 3 à 10 jours ouvrables.

Qui est habileté à exécuter des décontaminations microbiennes?

En ce moment, l’organisme à but non lucratif « The Clean Trust » (IICRC) veille à ce que des professionnels de la restauration après sinistre soient dûment formés pour les travaux de décontamination fongique et assurés. Cet organisme a développé un standard reconnu, le AINSI IICRC-520, propre à la décontamination microbienne. Il est possible de localiser sur leur site web des experts accrédités WRT pour les cas de moisissures. Il est fortement recommandé de faire affaire avec ces professionnels puisque ce type de travaux représente des risques financiers et des risques pour la santé.





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